Lycée Général et Technologique
Dans le cadre des Cordées de la Réussite, une vingtaine de jeunes germanistes du bassin compiégnois ont eu la chance d’assister au concert consacré à Wagner et Liszt. Il rassemblait le talentueux chef d’orchestre berlinois Jakob Lehmann, le pianiste virtuose français Bertrand Chamayou habitué des plus grandes scènes internationales et le fascinant Orchestre des Siècles (aux prix multiples, sur des instruments allemands du milieu du XIXe
siècle).
La sortie associait le lycée Pierre D’Ailly de Compiègne (une dizaine d’étudiant.e.s de 1ère et 2ème année de classe préparatoire littéraire et scientifique comme des Terminales de sa section euro-allemand) et des collégiennes de la classe germaniste bilangue d’Aramont (en 3 ème à Verberie).
Le programme de cette musique romantique par excellence fut éblouissant. Les compositions opératiques de Richard Wagner (le Prélude de Tristan & Isolde composé en 1857, puis de Parsifal achevé l’année précédant la disparition du compositeur en 1883) se sont admirablement mariées avec les deux premiers concertos pour piano de Franz Liszt (tous deux ayant été présentés pour la première fois à Weimar en Thuringe dans les années 1850, l’un notamment sous la direction d’Hector Berlioz). Cette symbiose artistique nous rappelle l’amitié indéfectible et l’admiration réciproque qui reliait les deux artistes. Aujourd’hui encore, on peut visiter leurs villas voisines à Bayreuth, au détour par exemple du Festival estival annuel consacré aux opéras de Wagner et qui célébrera cette année son 150ème anniversaire.
Les opéras de Wagner ont trouvé leur inspiration dans la littérature médiévale européenne comme dans sa vie personnelle. En sus de ses vastes connaissances des tragédies grecques, des Lumières françaises et de la littérature romantique allemande, il découvrit en effet en 1840 à Paris les œuvres des poètes courtois germaniques du XII-XIIIe siècle (Wolfram von Eschenbach et Gottfried von Straβburg – eux-mêmes inspirés par les romances arthuriennes de Chrétien de Troyes). Ces œuvres du passé devinrent alors le cœur de sa création, à laquelle les palpitations de son cœur donnèrent son ardeur si caractéristique. Isolde puise dans son amour pour Mathilde Wesendonck, une mécène et poétesse suisse qui adoucit son exil de réfugié politique dans les années 1850 à Zurich (son époux accorda alors refuge à l’artiste révolutionnaire recherché par les forces de l’ordre réactionnaire dans les territoires allemands). Et ce personnage féminin ne cessa de l’habiter puisqu’il choisit ce prénom pour sa première fille qui naquit en 1865 de son amour pour Cosima Liszt-von Bülow, la fille de Franz Liszt. Cosima fut la deuxième épouse de Richard et donna au Festival de Bayreuth ses lettres de noblesse après la mort de son époux. L’amour, l’amitié et la littérature furent les muses de cette musique romantique. Laissons leur magie continuer d’opérer : Es lebe die Liebe und die Freundschaft ! Es lebe die Literatur und die Musik !
Nous adressons nos sincères remerciements au Théâtre Impérial, au monde de la culture et ses soutiens (ville de Compiègne, département de l’Oise, académie d’Amiens, région Hauts-de-France entre autres) pour nous avoir permis de découvrir ces monuments de la musique romantique dans un « joyau architectural » napoléonien, ainsi qu’à l’ensemble du lycée Pierre D’Ailly (direction, intendance, secrétariat, CDI, vie scolaire, cantine, internat, professeures) qui a soutenu et financé cette soirée d’exception dans l’esprit de partage des Cordées de la Réussite.
Diane.Gaillard@ac-amiens.fr